Le Mouvement associatif Auvergne-Rhône-Alpes

Interview Lela Bencharif du 13 juillet 2012, vice présidente du Conseil Régional Rhône-Alpes

Quel bilan feriez-vous à mi- mandat au niveau de la délégation Vie associative ?

A mi-mandat de la délégation, nous avons, à mon sens, réussi à franchir la première étape qui était celle de fabriquer, construire, co-construire une nouvelle politique régionale dédiée à la vie associative et à l’éducation populaire. Nous nous sommes donnés les moyens de le faire : une concertation qui, bien sûr, ne sera jamais idéale, ni exhaustive, mais on s’est donné les moyens et le temps de la concertation pour ensuite réfléchir les enjeux forts d’une politique régionale en faveur de la vie associative et de l’éducation populaire. Cela a été un élément déterminant puisque nous avons réussi à créer un socle commun ce que les acteurs de l’éducation populaire appelle les fondamentaux de la vie associative. D’abord, nous nous sommes tous entendus ensemble, me semble-t-il, sur ces fondamentaux. Ensuite, on s’est interrogé sur les moyens et les leviers à activer pour fabriquer une politique, autrement dits les actions publiques en faveur de la vie associative et d’éducation populaire à partir du socle commun de nos valeurs, afin de bâtir des outils incontournables pour mettre en œuvre une politique régionale dédiée à la vie associative et à l’éducation populaire.

Un triptyque fonde notre politique publique régionale de la vie associative :

– Renforcer l’accompagnement des acteurs de la vie associative

– Renforcer la formation des bénévoles et des salariés associatifs

– Centrer toute la réflexion politique sur le Projet Associatif

Pour encourager les projets associatifs, nous avons posé deux conditions sine qua non : sécuriser et pérenniser les actions des acteurs associatifs qu’ils soient bénévoles ou salariés. Nous avons donc mené une réflexion à partir de la question : comment sécuriser et pérenniser les projets associatifs, les aider à se développer au plus près de la vie locale des territoires via un appui direct aux porteurs de projets ?

Nous avons posé des orientations politiques fondamentales fortes pour les actions de notre délégation :

  • Abandon des appels à projets aux thématiques très intéressantes mais qui ne permettent pas la pérennisation, ni la sécurisation des projets associatifs, qui ne répondent ni aux besoins des habitants, ni aux enjeux des acteurs associatifs dans leurs actions au cœur des territoires. Un pas important a été franchi dans une vision plus locale de l’accompagnement du développement du projet associatif par la délégation régionale de la Vie Associative et l’éducation populaire.

  • Mise en place du SPPA (Soutien au Projet Pluri-Annuel) sur trois ans, qui est dans sa phase d’expérimentation. On a réussi à faire la démonstration que la Délégation Vie associative, sur les territoires, pouvait répondre aux attentes des habitants et aux besoins des acteurs à l’échelle très locale dans le développement de leurs projets associatifs. Avec le SPPA, nous avons répondu aux attentes de grandes fédérations associatives et d’éducation populaire en valorisant la diversité des projets associatifs avec un accompagnement des structures d’appui et une décision collégiale du suivi avec des critères qui permettent de respecter le socle commun co-construit par la Délégation Vie Associative, les acteurs associatifs et les élus. Nous ne sommes pas tombés dans le piège de priorité thématique dans les critères d’égibilité. Nous défendons la diversité des projets, des champs d’actions. Nous considérons que la vie associative doit défendre, non seulement le bénévolat qui n’est pas seulement une généreuse mise à disposition de temps mais une contribution citoyenne au vivre ensemble, mais aussi les salariés associatifs qui représentent 10% des salariés en Rhône-Alpes. Le SPPA est aussi un dispositif pour lutter contre la précarisation des emplois.

On garde les CPO (Contrat Pluriannuel d’Objectifs) pour les têtes de réseaux pour les aider à poursuivre leurs actions indispensables d’expérimentation, de formation et d’accompagnement de leurs associations sur le territoire rhônalpin. La CPO est dédiée aux 37 têtes de réseaux, c’est un outil privilégié pour les aider à poursuivre leur action de structuration associative. A mi-mandat et au vu des différents résultats, je peux dire aujourd’hui: SPPA/CPO même combat. Ce sont des outils puissants pour le développement des projets associatifs, qui doivent s’inscrire dans une durée à minima de 3 ans pour conduire une politique cohérente et pérenne sans logique concurrentielle.

  • A mi-mandat, il reste d’une part un constat positif: L’intitulé de l’éducation populaire n’est pas un intrus dans la Délégation VA (Vie Associative). L’éducation populaire a un rôle et une place importante dans le développement économique et social. Elle est une plus value pour notre réflexion politique par ses valeurs dans la mise en place de nos actions sur le territoire.

  • D’autre part, Il reste également beaucoup de travail à accomplir. Nous avons mené une réflexion sur l’accompagnement de la formation mais quels moyens pour maintenir tous les dispositifs collectifs régionaux? Il existe plusieurs opérateurs: les têtes de réseaux qui ont un rôle clef dans la structuration associative dans leur accompagnement des plus petites associations sur l’ensemble du territoire, les DLA , la région s’est rapprochée de ce dispositif, les Espaces Rhône Alpes, les structures d’appui conventionnées par la Région comme porteurs de projet. La délégation VA doit valoriser ces multitudes d’accompagnement mais aussi articuler leur travail par une mise en réseau, privilégier le maillage territorial afin de mieux répondre aux demandes locales. C’est un travail énorme qui reste à faire de facilitateur pour l’ensemble des acteurs de la vie associative. Il reste également à identifier l’ensemble des opérateurs sur le territoire rhônalpin entre la Région, l’Etat, le C2RA, les Conseils Généraux et les collectivités territoriales afin de rendre visible les opérateurs, croiser les financements sans créer de logique concurrentielle mais au contraire, soutenir le développement de nos 120 000 associations.

En quoi, à mi-mandat, la CPCA répond elle à vos attentes?

D’abord, au début de mon mandat, je trouvai que la CPCA n’était pas assez visible sur le territoire, ne valorisait pas suffisamment son rôle de représentation de 30 000 associations. Mais je me suis très vite rendu compte de l’impact de la CPCA sur le territoire par ses capacités d’innovation et d’accompagnement. La CPCA est un acteur incontournable, elle a contribué à la concertation sur la mise en place du socle commun des valeurs associatives et de l’éducation populaire. Elle a mise en place le Fonds de formation des bénévoles qui est une démarche géniale par son mode de construction. Ce projet est innovant et ambitieux et à priori le seul dispositif de ce genre sur le territoire national. Elle a su créer des outils nouveaux et performants qui ont un impact important sur l’évolution des projets associatifs pour répondre aux enjeux sociétaux sans pour autant négliger les formations techniques nécessaires pour les jeunes associations et les nouveaux bénévoles. La région suit la CPCA par son engagement financier qui ne répond pas encore suffisamment aux besoins de la CPCA mais la place et l’impact de la CPCA sont reconnus par les élus régionaux. Nous allons d’ailleurs signé la Charte d’engagement entre la Région et la CPCA au second semestre 2012 et je m’en réjouis. La CPCA m’a aussi obligé et convaincu d’autres modes de coopération, de vision du monde associatif grâce à nos échanges et participe ainsi de façon incontournable à notre réflexion politique et aux outils nécessaires pour dynamiser la vie associative.